Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 15:09

Daisy Kutter, le dernier train 

Rangée des affaires depuis quelques années, Daisy traîne son ennuie dans sa petite épicerie. Difficile de vivre paisiblement au milieu des bocaux, quand on a été une hors-la-loi célèbre.  Alors, quand à la suite d'une mauvaise partie de poker, elle se  retrouve entraînée dans une nouvelle aventure, pas sûr qu'elle soit si mécontente que ça... Mais comment savoir ? Elle a un caractère de cochon !

 

 

 

Sous une pluie battante, en plein dessert.

Une femme enveloppée dans un long pardessus.

Un cow-boy en cravate.

Un robot aussi carré qu’imposant.

 

 

- J’imagine que vous avez eu le temps de repenser à notre offre ?

 

- (…) Votre patron est un sacré bon joueur de poker. Il m’a fallu un moment pour faire le rapport. Bande d’escrocs.

 

- Hé. Je ne dirais pas ça, Miss Kutter. Ca n’est qu’une malencontreuse coïncidence. M. Winters tient à s‘excuser pour cette malheureuse situation. S’il avait su que vous travailliez avec nous, il se serait retiré du jeu et aurait arrêté.

 

- Tu parles. Il m’avait repéré dès le départ. Et depuis quand je travaille avec vous?

 

- Ah, c’est vrai. Elle ne travaille pas avec les machines, c’est ça ?

 

- La ferme, Bloom. Tu ne m’aides pas.

 

- Je ne travaille ni avec les machines, ni avec les escrocs, ni avec les clowns. Et j’ai l’impression que vous faîtes parties de ces trois catégories là.

 

- Nous travaillons en toute légalité, Miss Kutter, et nous avons besoin de vous. (…)

 

- Soyons clairs, il voudrait que j’attaque son propre train ? Et vous n’êtes pas des bandits ? Quelque chose m’échappe…


Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:59

Le puits 

En cette période de grande sécheresse, seul le puit des Logan, paysans noirs aisés, ne tarit pas. Bien qu'ils partagent généreusement leur bien, les préjugés racistes ont tôt fait de réveiller l'aigreur de certains. Et quand un des fils Logan frappe un blanc pour se défendre, la situation tourne au vinaigre.

 

 

J’ai la tête qui tourne. Nous voilà fichus.

Je me souviens d’avoir songé : combien de temps nous reste t’il ? Combien de temps avant d’être pendus ? Notre âge ne changeait rien à l’affaire : un noir ne levait pas la main sur un blanc. Frapper un blanc, c’était risquer la pendaison. Sans autre forme de procès. Gamin ou pas. (…)

 

«  Alors ? » gronde le vieux Simms. « Vous faites quelques chose ou je m’en charge ? »

 

Le shérif se tourne vers Mama. « Caroline. Vous avez entendu. Allez chercher Hammer et votre fouet. »

 

Mama se mord la lèvre. Elle baisse les yeux vers moi et se rebelle : « Mais pas mon David. Jamais… Pas lui qui a tapé. »

 

Je lui effleure le bras. « Mama, écoute, laisse. C’est pour moi qu’il l’a fait. Je prendrai le fouet avec lui. »

 

Elle plonge les yeux dans les miens. « Bon. Va chercher ton frère. (…) »

 

Mama nous avait déjà donné le fouet, mais jamais avec cette force. La lanière sifflait dur, elle nous mordait les jambes, elle nous brûlait les reins, nous entamait le râble, et nous étions là, debout, à attendre ses coups. Le shérif regardait, solennel. Le vieux Simms regardait, impassible, avec son air féroce habituel. Charlie et Ed-Rose regardaient, le sourire aux lèvres. M. Melbourne avait détourné la tête. Mais le cuir qui cinglait ne nous a pas arraché un cri. Nous avons laissé pleuvoir la volée. Comme prévu, Hammer n’a pas versé une larme. (…) Moi non plus.


Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:36

Le premier qui pleure a perdu 

Junior cumule les handicaps : indien, myope, maigre et premier de la classe.  Optimiste invétéré, il réalise (par la force des choses) que s'il reste dans la réserve, son avenir risque de ne pas être très brillant... Le destin voulant bien lui filer un petit coup de pouce, il est admis à Reardan, une école prestigieuse fréquentée par des Blancs. Un tournant dans sa vie... et de nouveaux ennuis !

 

 

- Quand j’ai commencé à enseigner ici, c’est ce qu’on faisait aux fortes têtes, tu sais ? On les frappait. C’est ainsi qu’on nous avait appris à vous faire la classe. Nous étions censés tuer l’Indien pour sauver l’enfant. (…)  Je ne peux pas m’excuser auprès de tous ceux à qui j’ai fait du mal, m’a-t-il dit. Mais je peux m’excuser auprès de toi.

 

C’était le monde à l’envers. C’est moi qui lui avais cassé le nez, et c’est lui qui me faisait des excuses. (…)

 

- La seule chose qu’on vous apprenne, c’est à renoncer. Ton ami Rowdy, il a renoncé. Voilà pourquoi il aime faire mal aux autres. Il veut les rendre aussi malheureux que lui.

- Il ne me fait pas de mal, à moi.

- Il ne te fait pas de mal parce que tu es tout ce qu’il y a de bien dans sa vie. Il ne veut pas renoncer à cela. C’est la seule chose à laquelle il n’ait pas renoncé.

 

Mr P m’a pris par les épaules et s’est penché vers moi tellement près que j’ai senti son haleine. Oignons, ail, hamburger, honte et chagrin.

 

- Tous ces jeunes ont renoncé. Tous tes amis. Toutes les petites brutes. Et leurs pères et mères ont renoncés, eux aussi. Et leurs grands-parents avaient renoncé, et avant eux leurs propres grands-parents. Et moi aussi, et tous les professeurs ici. Nous avons tous été vaincus.

 

Mr P pleurait. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’ai jamais vu un adulte pleurer à jeu.

 

- Mais toi, a-t-il poursuivi. Tu ne peux pas abandonner. Tu ne vas pas abandonner. Tu m’as jeté ce livre à la figure parce que quelque part, au fond de toi, tu refuses d’abandonner.

 

Je ne voyais pas du tout de quoi il parlait. Ou peut-être que je ne voulais pas voir. (…) Je portais le fardeau de ma race, vous voyez le tableau ? J’allais me faire mal au dos !


Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:24

 De l'Alaska à la Terre de Feu en tandem

Carnet de bord d'une aventure vélocipédique qui entraîna ses auteurs sur 17 648 km à travers les Amériques par des températures de- 20°C à + 40°C... Une histoire vraie !

 

 

 

 

Nous prenons ensuite la route d’ouest en est qui nous mènera, à travers la Colombie Britannique, à Prince-George. Les montagnes et les rivières sauvages du début, auxquelles nous nous étions accoutumés, laissent maintenant place à un relief plus plat et aux premiers paysages agricoles ainsi qu’à des prairies, parcourues par des animaux plus familiers : chevaux, vaches et moutons.

 

Un emplacement près d’une rivière nous paraît idéal pour camper cette nuit. Nous marchons vers elle pour nous laver, quand, soudain, un bruit surgit du bois… Inquiets, nous levons les yeux : à trois mètres de nous seulement, un énorme ours noir ! Nous bondissons en arrière, tout en parlant fort (comme le recommandent les prospectus !), mais nos jambes tremblent… Nous observons l’animal, il semble faire de même avec nous. Les secondes paraissent interminables. Que va-t-il faire ? Que va-t-on faire ? Regroupés côte à côte, nous gesticulons en balbutiant quelques mots décousus jusqu’à ce que ce que le plantigrade se retourne et s’en aille en trottinant… L’envie de nous laver nous a soudainement abandonnés. Nous montons la garde tout à tour pendant que l’autre s’éclabousse de façon sommaire et hâtive.

 


Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:19

 Souviens-toi d'Alamo

Pris dans une tempête electro-magnétique, le commandant Taylor et ses hommes atterrissent en catastrophe près de San Antonio de Bexar. Les voilà prisonniers du passé, au moment où le général mexicain Santa Anna s'apprête à lancer une offensive décisive contre fort Alamo. A dix contre un, le combat semble perdu d'avance pour les assiégés... A moins que les étrangers ne s'en mêlent.

 

 

- Stop ! dit il d’un ton ferme. J’en ai assez entendu. Nous ne sommes pas en 1836. c’est impossible ! Il doit y avoir une explication rationnelle…

- Enfin, Papy ! s’exclama Looping. Ouvrez les yeux : il n’y a pas de cameras. Ce n’est pas le tournage d’un film. Les murs ne sont pas en carton-pâte, et tous ces gens ne sont pas des figurants !

- On ne peut pas remonter le temps ! C’est une loi de la physique !

- On n’est pas obligé de « remonter » le temps pour changer d’époque, intervint Bishop. Il existe d’autres théories. Les univers parallèles, par exemple. (…)

- C’est quoi les « univers parallèles » ? s’enquit Looping.

- Le principe est très simple, répondit Bishop. Imagine que notre dimension coexiste avec d’autres dimensions. Elles sont là, tout autour de nous, mais on ne peut ni les voir, ni les toucher. (…) C’est un peu comme les fuseaux horaires. Chez nous, il est midi, alors que les horloges marquent vingt et une heures en Angleterre, par exemple. (…)

 

Il y eu un moment de silence que Diego brisa de sa voix rocailleuse :

- Si je comprends bien la théorie des univers parallèles, quoi qu’on fasse ici, rien ne changera dans l’univers d’où nous venons… notre univers ?


- Je le pense, confirma Bishop. (…)

- Nous avons besoin de certitudes, pas de simples hypothèses, le coupa Taylor.


- Personne n’a un cachet d’aspirine ? questionna Looping.

- Non, fit Diego ? Et tu ne risques pas d’en trouver dans le coin, vu que ce médicament n’a pas encore été inventé.


Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés