Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 14:36

Le premier qui pleure a perdu 

Junior cumule les handicaps : indien, myope, maigre et premier de la classe.  Optimiste invétéré, il réalise (par la force des choses) que s'il reste dans la réserve, son avenir risque de ne pas être très brillant... Le destin voulant bien lui filer un petit coup de pouce, il est admis à Reardan, une école prestigieuse fréquentée par des Blancs. Un tournant dans sa vie... et de nouveaux ennuis !

 

 

- Quand j’ai commencé à enseigner ici, c’est ce qu’on faisait aux fortes têtes, tu sais ? On les frappait. C’est ainsi qu’on nous avait appris à vous faire la classe. Nous étions censés tuer l’Indien pour sauver l’enfant. (…)  Je ne peux pas m’excuser auprès de tous ceux à qui j’ai fait du mal, m’a-t-il dit. Mais je peux m’excuser auprès de toi.

 

C’était le monde à l’envers. C’est moi qui lui avais cassé le nez, et c’est lui qui me faisait des excuses. (…)

 

- La seule chose qu’on vous apprenne, c’est à renoncer. Ton ami Rowdy, il a renoncé. Voilà pourquoi il aime faire mal aux autres. Il veut les rendre aussi malheureux que lui.

- Il ne me fait pas de mal, à moi.

- Il ne te fait pas de mal parce que tu es tout ce qu’il y a de bien dans sa vie. Il ne veut pas renoncer à cela. C’est la seule chose à laquelle il n’ait pas renoncé.

 

Mr P m’a pris par les épaules et s’est penché vers moi tellement près que j’ai senti son haleine. Oignons, ail, hamburger, honte et chagrin.

 

- Tous ces jeunes ont renoncé. Tous tes amis. Toutes les petites brutes. Et leurs pères et mères ont renoncés, eux aussi. Et leurs grands-parents avaient renoncé, et avant eux leurs propres grands-parents. Et moi aussi, et tous les professeurs ici. Nous avons tous été vaincus.

 

Mr P pleurait. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’ai jamais vu un adulte pleurer à jeu.

 

- Mais toi, a-t-il poursuivi. Tu ne peux pas abandonner. Tu ne vas pas abandonner. Tu m’as jeté ce livre à la figure parce que quelque part, au fond de toi, tu refuses d’abandonner.

 

Je ne voyais pas du tout de quoi il parlait. Ou peut-être que je ne voulais pas voir. (…) Je portais le fardeau de ma race, vous voyez le tableau ? J’allais me faire mal au dos !


Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Commentaires

Le fil conducteur de ce roman ne semblait pas prêter à la rigolade et pourtant… Sans pathos, voici un roman qui évoque la dure réalité des Indiens dans les réserves. On pourrait résumer la situation en quelques mots : ‘‘Si t’es Indien, t’es rien’’. On pourrait résumer ce roman en une phrase : ‘’Aide toi et le ciel t’aidera’’. Y’a ceux qui acceptent la situation et abandonnent. Y’a ceux qui gardent espoir et se battent. Quitte à devoir affronter, non seulement les blancs, mais aussi leur propre tribu. Tel est le cas de notre héros qui décide de ramer à contre courant. Au fil des jours - et des pages – Junior réalise des centaines de dessins humoristiques qui lui permettent d’exorciser les tracas quotidiens (le racisme, les filles, le sexe, la faim, l’alcool…) et agrémentent visuellement le récit. Rajoutez le ton mordant de la narration, et vous obtenez un livre qui n’a pas fini de nous faire pleurer et rire. (Anne Gaëlle. 28 ans)
Commentaire n°1 posté par Lecteurs en délire le 02/09/2009 à 14h45
Un livre émouvant, souvant drole, qui vous captive dès la premiere ligne et ne vous relache qu'après le mot FIN. L'histoire d'une lutte contre le racisme, d'un garcon intelligent qui doit constament faire ses preuves et nest pas toujours sur de réussir, bref un livre superbe. (pauline 14ans)
Commentaire n°2 posté par pauline le 22/05/2010 à 16h57

Par Lecteurs en délire
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés